Le Referendum Ecossais.

L’Angleterre en pleine schizophrénie !

 

Dans la page Débats de la Libre Belgique du 11 septembre sous le titre « L’Ecosse doit-elle reprendre son indépendance ? », on peut lire la réponse du député travailliste écossais Ken Macintosh qui fait campagne pour le « Non », à la question suivante:

 

« A quelles difficultés s’expose une Ecosse indépendante? »

 

« Le problème principal est que nous serons plus faibles. Le Royaume-Uni est une entité économique et les Ecossais commercent nettement plus avec les Britanniques qu’avec le reste du monde. En devenant indépendants, nous allons dresser des barrières entre nous et le Royaume-Uni.

Je redoute une délocalisation de nos banques et des problèmes dans notre secteur financier. Des systèmes de taxation ou de sécurité sociale différents créeront aussi des obstacles nuisibles. Ce n’est pas uniquement l’Ecosse qui sera affaiblie, mais l’ensemble du Royaume-Uni. Il est important de comprendre que nous faisons partie d’un ensemble plus grand, qu’il faut travailler ensemble pour l’intérêt commun. Choisir l’indépendance, c’est faire le mauvais choix politique, c’est économiquement dommageable et ça va créer des barrières qui vont handicaper notre pays. C’est retourner à la politique du XIXe siècle alors que nous sommes au XXIe siècle. »

 

Cette position est clairement celle défendue par les partis Conservateur, Travailliste et Libéraux-Démocrates anglais qui ont tous dépêché leurs ténors – David Cameron en tête – pour défendre le « Non » au retrait de l’Ecosse de l’Union avec l’Angleterre. On peut aussi imaginer que faisant la quasi unanimité de la classe politique anglaise, elle reflète aussi celle de la majorité de l’opinion publique anglaise.

 

Transposons maintenant ce texte dans le cadre du referendum sur l’Europe qui doit se tenir au Royaume-Uni (ou seulement en Angleterre ?) en 2017 si les Conservateurs gagnent les prochaines élections législatives en 2015 et où les sondages laissent présager d’une victoire du « Oui » pour un retrait de l’Union Européenne.

 

« Le problème principal est que nous serons plus faibles. L’Union Européenne est une entité économique et les Britanniques commercent nettement plus avec les Européens qu’avec le reste du monde. En devenant indépendants, nous allons dresser des barrières entre nous et l’Union Européenne. Je redoute une délocalisation de nos banques et des problèmes dans notre secteur financier. Des systèmes de taxation ou de sécurité sociale différents créeront aussi des obstacles nuisibles. Ce n’est pas uniquement le Royaume-Uni qui sera affaiblie, mais l’ensemble de l’Union Européenne. Il est important de comprendre que nous faisons partie d’un ensemble plus grand, qu’il faut travailler ensemble pour l’intérêt commun. Choisir l’indépendance, c’est faire le mauvais choix politique, c’est économiquement dommageable et ça va créer des barrières qui vont handicaper notre pays. C’est retourner à la politique du XIXe siècle alors que nous sommes au XXIe siècle. »

CQFD

 

Il ne reste plus qu’aux caciques de l’UKIP et autres Eurosceptiques de nous expliquer la cohérence de leur position ! Evidemment, si le « Oui » l’emporte en Ecosse, cela pourra renforcer la position des Eurosceptiques mais dans ce cas ils devraient avoir le courage et l’honnêteté de faire clairement campagne pour le « oui » maintenant au lieu d’espérer recueillir le beurre et l’argent du beurre sans oublier le sourire de la crémière !

 

Bruxelles, le 11 septembre 2014

 

Paul N. Goldschmidt

Directeur, Commission Européenne (e.r.) ; Membre du Comité d’Orientation de l’Institut Thomas More.

 

__________________________________________________________________________________

Tel : +32 (02) 6475310                                                                           e-mail : paul.goldschmidt@skynet.be

Mob. : +32 (0497) 549259                                                                                Web: www.paulngoldschmidt.eu