France : tout n’est pas (encore) perdu !

 

Fiction sur la campagne présidentielle.

 

 

Tous les regards sont d’ores et déjà tournés vers l’élection présidentielle de 2017. Après les résultats désastreux des élections régionales (quels que soient les résultats du deuxième tour), un large consensus prédit la présence incontournable de Marine Le Pen au deuxième tour de la présidentielle. Tout dépendra donc de la personnalité de son adversaire.

 

Examinons la stratégie des deux camps :

 

Pour François Hollande, il est essentiel que son adversaire soit Nicolas Sarkozy au premier  tour. Dans ce but, il faut que ce dernier soit le « vainqueur » des régionales : d’où les consignes de retrait des listes socialistes au deuxième tour, là où c’est nécessaire pour battre le FN. Tant pis pour le parti socialiste qui n’a qu’à se sacrifier pour la bonne cause. Si de surcroît, Claude Bartolone l’emporte en Ile de France, cela le confortera dans l’idée qu’une gauche rassemblée peut encore battre une droite divisée, d’autant plus que François Bayrou affaiblirait celle-ci par sa candidature si la droite républicaine est représentée par Sarkozy.

 

Dans le duel Hollande - Le Pen qui s’ensuivrait, il n’est pourtant pas certain qu’après un premier quinquennat calamiteux, la droite républicaine se reporte massivement sur le sortant laissant ainsi une (petite) chance à Marine de l’emporter.

 

Nicolas Sarkozy, grand stratège devant l’éternel, poussé par son sens du devoir et son abnégation, qualités qui lui sont unanimement reconnues, a, à coup sûr, déjà décidé comment déjouer les plans machiavéliques de son adversaire. A l’aune du magicien Mario Draghi, il s’appropriera le slogan « Je ferai tout ce qu’il faudra pour sauver …la France »,  il annoncera, en temps voulu (quand il sera trop tard pour la gauche de désigner un autre candidat que Hollande) qu’il ne se présente pas à la « primaire » organisée par Les Républicains. Ainsi, il met à mal les calculs sordides de la gauche et assure la victoire de son camp contre Marine. Il sort du débat grandi, avec une stature incontestable d’homme d’Etat sur lequel il va rapidement capitaliser.

 

En effet, rien dans le monde politique ne se faisant ni gratuitement ni par pur idéal, il n’aura pas échappé à Nicolas qu’en dehors des considérations purement franco-françaises, aucun Président ne peut réussir à redresser le pays sans une réforme profonde d’une Union Européenne au bord de l’implosion. Ayant mis discrètement la Chancelière au courant de son plan, il va lui suggérer de faire campagne pour qu’il succède à Donald Tusk comme Président du Conseil Européen dont le mandat de deux ans et demi vient à expiration à l’été 2017 (heureuse coïncidence). Ensemble ils concocteront une réforme des traités portée par un « couple franco-allemand » revigoré.

 

Perdu dans la masse des réformes portant sur la défense et la politique étrangère de l’Union, sur l’extension de la monnaie unique à tous les pays membres (après Brexit) et le renforcement de l’UEM qui se confondra dorénavant avec l’Union, l’établissement d’une politique européenne sur l’immigration et le transfert à l’UE de la police des frontières, se glissera un petit article prévoyant l’élection d’un Président de l’Union au suffrage universel, qui cumulera ses fonctions avec celui de Président de la Commission (devenu entretemps un véritable gouvernement européen).

 

Un peuple européen (et français) reconnaissant élira triomphalement Nicolas à la magistrature suprême couronnant ainsi une carrière politique hors du commun et lui assurant sa place dans les livres d’histoire.

 

Ceci est évidemment une fiction mais il est cependant toujours permis de rêver un peu quand tout semble perdu !

 

Bruxelles, le 9 décembre 2015

 

 

 

Paul N. Goldschmidt

Directeur, Commission Européenne (e.r.) ; Membre du Comité d’Orientation de l’Institut Thomas More.

 

 

 

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