Le NVA infréquentable (Suite) : Que faire ?

 

Tout en recueillant un soutien presque unanime à mon billet du 13 septembre, beaucoup de ceux qui ont réagi ont posé la question : mais que peut-on faire ? Cela m’a poussé à approfondir l’analyse et à proposer ci-dessous  une attitude très concrète en ce qui concerne la gestion de la crise gouvernementale qui s’éternise.

 

L’accusation portée contre les NVA ne porte nullement sur les intérêts qu’elle défend (séparatisme) qui relèvent bien entendu de la liberté de pensée et d’expression qui, heureusement, semble encore prévaloir dans notre pays, quoique le limogeage de Rudy Aernoudt pose question sur ce plan aussi.

 

Ce qui est en cause ici c’est la caution avérée d’un parti politique, impliqué dans les négociations gouvernementales en tant qu’associés par cartel au CD&V, à des actes qui – même s’ils ne sont pas punissables légalement – sont incompatibles avec les responsabilités et indignes des fonctions qu’assumeraient des futurs Ministres issus de ce parti.

 

Il s’ensuit qu’en dehors de tout contenu des négociations il faut aujourd’hui se montrer intraitable et refuser toute négociation auxquelles le NVA est associé, comme l’avait pressenti déjà les responsables politiques d’ Ecolo. Quand il s’agit de défendre des principes où la morale et l’éthique de nos dirigeants politiques sont engagées, on ne peut se cacher derrière l’urgence de mesures à caractère budgétaire ou social - dont l’importance n’est pas niée – pour justifier un compromis qui ne ferait qu’ajouter au discrédit de ceux qui l’auraient négocié.

 

Je suis tout à fait conscient qu’une telle attitude créerait une crise profonde. Je suis cependant convaincu qu’il est de l’intérêt du pays d’affronter cette crise maintenant plutôt que de la différer. Il n’y a rien à gagner par une politique d’apaisement qui ne fait que déplacer le point de départ d’une crise future vers des positions encore plus fragilisées et donc créer une situation où la tentation de rechercher un compromis supplémentaire ne sera que renforcée. Suffisamment d’entre nous ont encore en mémoire les conséquences funestes de l’attentisme pour éviter d’être rendus responsables vis-à-vis des générations montantes des conséquences d’une catastrophe annoncée.

 

C’est d’ailleurs un point essentiel de l’analyse de la situation actuelle qui implique que les « dérapages » répétés auxquels on a assisté, loin d’être des maladresses accidentelles, sont le fruit d’une stratégie délibérée visant à obtenir un compromis qui affaiblira de façon permanente les structures de l’Etat fédéral.

 

Les représentants des partis demandeurs (et je fais une distinction spécifique entre ceux-ci et la majorité des citoyens qu’ils manipulent) ne sont de toute évidence pas encore prêts à aller jusqu’au bout de leurs revendications séparatistes car il s’agit pour l’instant de renforcer progressivement leur emprise sur Bruxelles dont le poids économique est indispensable à la survie du nord du pays. Une implosion de la Belgique aujourd’hui aurait trop de conséquences négatives pour la Flandre pour que ce soit une proposition réaliste dans le contexte actuel.

 

C’est donc maintenant qu’il s’agit de tirer la ligne et de forcer une négociation sur une réforme fondamentale du fonctionnement de nos institutions, de la répartition des pouvoirs, du système électoral à laquelle tous les partis démocratiques devraient être appelés à participer. Il y aurait dans ce cadre, amplement moyen d’accommoder certaines revendications légitimes de chacune des communautés et régions du pays et de faire en sorte que la Belgique en sorte renforcée plutôt qu’affaiblie.

 

Paul N. Goldschmidt

Bruxelles le 18 septembre 2007

 

 

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