La NVA, La Belgique et l’Union Européenne.

 

 

Le « non » de la NVA à la note du Formateur a le grand mérite de la clarté. En ce sens il rend un immense service au pays car il évite un compromis boiteux (au nom de la nécessité économique et financière) où, très rapidement seraient apparues des divergences  d’interprétation des accords – notamment en matière institutionnelle – quelle qu’en soit la teneur. Reconnaissons donc l’entière cohérence de la position de la NVA vis-à-vis de la note.

 

En effet, dès le lendemain des élections, elle a affiché son désir de conclure des accords basés sur deux axes « non négociables » :

 

-          Des progrès substantiels immédiats en matière de réformes institutionnelles dont le caractère « confédéraliste » devait ouvrir le chemin à une évolution progressive vers l’indépendance de la Flandre.

-          L’intégration de la Flandre comme composante à part entière dans l’Union Européenne.  

 

On se souviendra, en effet, que l’arrière plan du discours de « victoire » de Bart De Wever était rehaussé des drapeaux de la Flandre et de l’Union Européenne.

 

Il est donc parfaitement compréhensible que la note du Formateur ait été rejetée car son caractère « fédéraliste » indiscutable ne laissait aucune place au confédéralisme, préalable indispensable à un glissement indépendantiste, défendu par une minorité de Flamands.

 

Mr. Di Rupo, lui aussi, fait preuve de cohérence en inscrivant durablement le caractère « fédéral » de la Belgique dans ses propositions, car seul le fédéralisme est compatible avec les obligations européennes souscrites par la Belgique. L’engagement « européen » apparent de la NVA doit être démasqué comme un leurre –  très habile – destiné à rassurer et endormir l’opinion flamande, mis en avant pour oblitérer les conséquences du séparatisme revendiqué.

 

En effet, il est plus que temps d’interroger la NVA sur sa conception de l’Europe et d’appeler son bluff ! Sur base des revendications d’autonomie régionale de la NVA pour la Belgique, il y a tout lieu de conclure que ce parti prône une « Europe des Nations » telle que défendue par le Front National en France, et les autres partis populistes en Finlande, Autriche, Pays-Bas, Danemark, Italie etc., dont on doit, à regret, constater le succès électoral grandissant.

 

Or, dans le cadre de la crise financière (où la Belgique tire son épingle du jeu plutôt bien jusqu’à présent), c’est l’issue de la confrontation entre, d’une part, les tenants d’une Europe plus solidaire s’ouvrant progressivement à une plus grande harmonisation fiscale et à la possibilité de transferts fiscaux et, d’autre part, ceux qui prônent le « chacun pour soi », qui déterminera le futur de l’Union Européenne. Si les premiers l’emportent, l’Europe a toutes les chances de se redresser et de prendre sa juste place dans le concert des grandes puissances économiques aux côté des Etats-Unis, de la Chine, du Japon, de l’Inde, de la Russies et du Brésil. L’alternative est la poursuite inexorable du déclin de l’ensemble du vieux continent.

 

C’est exactement le même débat entre nationalistes et fédéralistes en Belgique et Monsieur De Wever ferait preuve d’incohérence s’il défendait une approche pour la Belgique et son contraire au niveau de l’UE. Or, l’absence de solidarité européenne entrainera l’implosion de l’UEM et la désintégration de l’UE qui, quelque soit le résultat des négociations belges, seront catastrophiques pour tous, même ceux qui, comme l’Allemagne, apparaissent plus à l’abri des turbulences.

 

L’électeur flamand doit donc se rendre compte qu’un vote pour les thèses confédéralistes débouchant sur le séparatisme doit conduire – à entendre les ténors de la NVA – à avoir aux portes de la Flandre un pays aux finances dégradées, susceptible d’être exclu de la zone euro, si elle a survécu entretemps. Les conséquences pour l’économie de la Flandre seraient dévastatrices.

 

Il est maintenant établit qu’un accord « durable » est impossible à trouver avec la NVA et il est donc approprié que les autres partis s’attèlent à trouver des solutions qui répondent aux attentes de la grande majorité des Belges. La possibilité de sortir de l’impasse repose sur la décision du CDN&V de rejoindre les autres sept partis qui se sont déclarés prêts à négocier sur la base du travail préparatoire fouillé de Mr. Di Rupo.           

 

Un fédéralisme européen représente la meilleure voie de sortie de la crise financière; il en va de même pour la Belgique.

 

Bruxelles, le 17 juillet 2011  

 

Paul N. Goldschmidt

Directeur, Commission Européenne (e.r.) ; Membre de l’Institut Thomas More.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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