« Flamands, francophones, voulons –nous encore vivre ensemble ? »

 

 

Lors du débat organisé par l’Association Royale des anciens du Collège St. Michel (sponsorisé par la Libre Belgique) entre Elio di Rupo et Yves Leterme, ce dernier a présenté, dans un français châtié, les grandes lignes du projet de réformes institutionnelles prônées par son parti. Il a insisté entre autres sur les points suivants :

 

-                          ne pas faire d’amalgame entre séparatisme (qu’il récuse) et réformes institutionnelles, notamment dans le transfert des compétences (qu’il soutient).

-                          Responsabiliser les institutions régionales pour la conduite de la politique économique notamment en transférant les compétences en matière fiscale.

-                          Maintenir la solidarité entre régions uniquement sur le plan « interpersonnel » (Sécurité Sociale).

 

L’argument central de la position d’ Elio di Rupo était de dire que la mise en œuvre d’un tel programme ne pouvait que conduire à la fin de la Belgique en tant que Nation. Il y avait cependant toujours place pour des aménagements ponctuels dans le cadre institutionnel existant pour répondre à des revendications légitimes des entités fédérées.

 

Il y a un domaine spécifique où, il est aisé, je pense, de montrer la contradiction implicite dans la position défendue par le Président flamand. Elle a trait au respect des Traités de l’Union Européenne.

 

Comme Membre de la zone Euro, la Belgique a transféré ses compétences en matière de politique monétaire à la Banque Centrale Européenne. Si la fiscalité est régionalisée, quel pouvoir reste-il au Ministre fédérale des Finances (ou au Gouvernement fédéral) pour conduire une politique économique ? Monsieur Leterme pense-t-il que la Belgique aura deux sièges à l’Ecofin ? Comment la Belgique remplira-t-elle ses obligations en matière budgétaire (pacte de stabilité) ? En cas de difficultés (que la Belgique a heureusement évitées jusqu’ici), qui déciderait, le cas échéant de la répartition des efforts à consentir ?

 

Ne faut-il pas conclure que le maintien de la « solidarité interpersonnelle » est incohérent avec l’autonomie fiscale prônée par l’orateur ?

 

Il est souhaitable qu’entre gens sérieux (que sont par définition les deux Présidents), des réponses spécifiques aux questions pratiques soient présentées comme préalables aux déclarations d’ordre général dont le résultat est d’enflammer les passions et rendre la vie commune encore plus difficile.

 

 

Bruxelles, le 8 février 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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