Au Courrier des Lecteurs de La Libre Belgique

 

 

« Armes Bagages et Mandats »

 

L’éditorial de Francis van de Woestijne dans la Libre de ce 29 Janvier est pertinent mais peut-être faut-il pousser l’analyse encore plus avant :

 

Sur le plan légal Mr Fourneaux ne commet pas d’infraction en conservant ses mandats. Si l’on se trouvait dans le système électoral anglais, son attitude pourrait se justifier car il serait élu « ad personam » et non dans le cadre d’un scrutin de liste. Dans le cas du Portugal, la loi lui impose par contre la déchéance du mandat dès qu’un élu quitte le parti qu’il représente. Une fois de plus en Belgique, la situation est floue, relève du perpétuel « compromis à la Belge » et manque totalement de cohérence.

 

 Il va de soi qu’en trahissant ses engagements écrits Mr Fourneaux commet une grave faute déontologique quels que soient les précédents en la matière.  Que pèsent, en face de ce fait, les soi disantes longues heures, jours, mois…de réflexions ? Rien. Un tel comportement devrait pouvoir être lourdement sanctionné par l’électeur mais ici encore le système de scrutin Belge ne permet en rien de garantir au citoyen un moyen efficace d’exprimer son point de vue sur un tel comportement : en effet, il suffira que le MR lui garantisse une place « éligible » sur sa liste pour voir Mr Fourneaux reconduit.

 

C’est l’ensemble du système qu’il faut revoir en s’assurant que tous les problèmes soient considérés ensemble; notamment l’importante question des suppléances. Aucun intervenant n’aura de crédibilité morale ou politique tant qu’il s’acharne uniquement sur l’aspect  spécifique qui contrarie ses intérêts du moment.

  

Dans ce contexte, les gesticulations de vierge outragée de Madame Milquet laissent rêveurs. Elle a laissé passer une belle occasion de faire des propositions non partisanes dans l’intérêt de la démocratie tellement malmenée dans notre pays. Sans aucun doute une position claire en ce sens aurait attiré au Cdh  les dix nouveaux adhérents pour chacune des défections mais en l’occurrence je doute fort qu’elle y parvienne.

 

Paul Goldschmidt

Bruxelles, 30. 01. 2004