Un peu de respect et de tenue s.v.p. !

 

On veut faire payer les banques ! Quand fera-t-on payer les médias pour leur participation coupable aux dérives de notre société ?

Une courtoisie de bon aloi et une certaine déférence semblent disparaître totalement du discours ambiant ; les interviews ou les débats que l’on nous propose ne semblent pas destinés à éclairer objectivement une situation ou à permettre aux intervenants d’expliciter leurs objectifs et exposer leurs points de vue, mais plutôt à exciter des gladiateurs dans l’arène ou à faire monter les enjeux d’un combat de coqs.

De plus, s’est prise l’habitude d’appeler les gens par leur prénom sans plus aucune référence de civilité : Madame, Monsieur, Sa Majesté – s’il y a lieu – ont disparu du discours et s’installe progressivement une familiarité que, personnellement, je trouve très dérangeante ; à quand le tutoiement ?

Si je compare avec les médias anglophones, je constate qu’ils ont gardé des formes qui maintiennent un certain respect. Il est vrai qu’en anglais on ne tutoie personne sinon Dieu.

Cette familiarité s’apparente à une autre dérive: celle de la banalisation de tout  quand, dans l’énoncé des nouvelles, on juxtapose, sur le même ton et sans pause, les résultats sportifs, les faits divers les plus sordides, l’état des routes et la situation catastrophique de certaines populations ou d’autres enjeux vitaux.

Il n’y a plus aucune hiérarchie des valeurs ni respect des fonctions : Monsieur de Wever se rend au Palais sans cravate (Bart rencontre Albert !), les touristes déambulent dans les églises et les musées voir même dans la rue en tenue de plage et encore…

Jusqu’où ira ce laisser aller qui confine au sans gêne, voire au manque de respect de soi ?

 

Bruxelles, le 28 juin 2010

Béatrice Goldschmidt-Greindl