Concours Reine Elisabeth

 

Après le tennis (féminin), la Belgique explose sur le terrain de la « compétition »

 

internationale du piano (masculin).

 

 

 

La proclamation des résultats du « premier tour » du Concours Reine Elisabeth de piano 2007 doit remplir d’orgueil nos concitoyens : 5 Belges (parmi les 72 partants d’un niveau particulièrement élevé) se classent dans le peloton de 24 sélectionnés pour les rencontres de demi-finales qui se dérouleront tout au long de la semaine.

 

Ce résultat exceptionnel - et quelque peu inattendu - appelle certainement à la modestie, évitant tout débordement chauvin qui pourrait nuire à la réputation du concours et avoir une incidence fâcheuse pour les épreuves futures.

 

Ayant suivi de près les prestations des concurrents, if faut reconnaître la pertinence des améliorations apportées aux règles de sélection introduites par les organisateurs et qui a contribué au niveau exceptionnel de l’ensemble des participants.

 

Les résultats appellent cependant une série de questions :

 

Ne serait-il pas intéressant d’envisager des « tests » anti-dopage pour vérifier si les candidats n’abusent pas de substances leur permettant de jouer toujours plus vite et plus fort ?  Le principe de précaution, n’impose-t il pas de limiter les effets potentiellement nocifs d’un déferlement de décibels sur les organes auditifs des concurrents ainsi que du jury et des « spectateurs » ? De plus, le risque (avéré en l’occurrence) de désaccorder l’instrument (de torture) augmente et pénalise le concurrent suivant s’il n’y est pas remédié entre les prestations.

 

Ensuite, en ce qui concerne les règles d’évaluation, dont l’objet est d’assurer une parfaite impartialité, ils peuvent - comme on vient de le constater - déboucher sur des résultats aussi surprenants qu’inattendus. Ne serait-il pas utile de s’inspirer des

Règles adoptées par la Fédération Internationale du Patinage Artistique qui, elle aussi, a rencontré des difficultés du même ordre?

 

Rendons cependant hommage, en passant, à la parfaite connaissance du Jury du tissu social de la Belgique en ayant assuré la sélection des 3 candidats néerlandophones et de deux francophones (sans oublier d’inclure la région de Bruxelles). A la veille des élections législatives, on a ainsi évité une nouvelle crise communautaire qui aurait pu déstabiliser le pays.

 

Ce n’est évidemment pas dans le vif de l’action qu’il convient de prendre en considération des initiatives de changement dont le seul but doit être d’asseoir de manière incontestable la pérennité du Concours parmi les plus importants évènements du calendrier musicale international.

 

Bruxelles le 13 mai 2007

 

Paul N. Goldschmidt