L’affaire Leonarda : Le Président Hollande a raison !

 

Il est aisé, lorsque 77% des français désapprouvent l’action du Président, de partir d’un a priori comme quoi tout ce qu’il fait ou décide est condamnable. Pourtant son arbitrage fait preuve à la fois de fermeté dans l’application de la loi et d’humanité.

 

Il est particulièrement regrettable que l’opposition « républicaine » n’ait pas saisi cette occasion pour apporter son soutien au chef de l’Etat. Ceci d’autant plus qu’un calcul purement politicien d’une telle attitude aurait contribué à accroître la zizanie au sein de la majorité en même temps qu’à dédouaner l’UMP à peu de frais auprès de ceux qui lui reprochent de plagier le Front National. En effet, l’argument avancé par François Coppée, agitant l’épouvantail du « regroupement familial », pour  condamner l’offre de scolarisation en France de Leonarda ne tient pas la route.  Le fait d’octroyer un visa d’étudiant à un ressortissant étranger n’ouvre nullement des droits quelconques à sa famille sur le plan de l’immigration. Dans la mesure où les frais de scolarisation et d’hébergement auraient pu être assumés par une bourse (publique ou privée) – du moins avant les déclarations intempestives (instrumentalisées) de Leonarda – seul était requis le consentement des parents (plutôt qu’une demande de l’intéressée, celle-ci étant encore mineure).           

 

La condamnation par certains ténors de l’EELV sur le caractère « incompréhensible et inhumain » des propos du chef de l’Etat est tout aussi irrecevable : en effet, si c’était le cas, il faudrait juger « incompréhensible et inhumaine » la situation de tous ces remarquables serviteurs de l’Etat que constitue son service diplomatique, lorsque ses membres sont confrontés à la scolarisation de leurs enfants suite à une nomination à un poste lointain. Pourquoi des immigrants « illégaux » bénéficieraient-ils de privilèges que l’Etat n’accorde pas à ses propres serviteurs ?

 

Quant aux propos du Secrétaire Général du Parti Socialiste qui invente de toutes pièces une alternative en proposant le retour de la fratrie et de la mère à l’exclusion du père, cela est de nature à soulever un ensemble de problèmes juridiques autant que moraux dont il est certain qu’ils ne satisferont personne ! De plus, en vertu de quelle règle l’Etat peut-il assumer la charge financière considérable que cela implique ?

 

Bref, l’imbroglio médiatico-politique dans laquelle la France s’enfonce et se complait ne profite – malheureusement - qu’à ceux qui ont eu, en l’occurrence, la « sagesse » de se taire : le Front National ! A l’approche des élections européennes, cette situation ne fait qu’augmenter les risques que l’Union ne fasse les frais de l’incapacité des partis dits « républicains » à mettre en avant l’intérêt du pays et de ses valeurs au détriment de calculs politiciens sordides dont le citoyen n’a que faire.

 

Lorgues, le 20 octobre 2013

 

Paul N. Goldschmidt

Directeur, Commission Européenne (e.r.) ; Membre du Comité Consultatif de l’Institut Thomas More _____________________________________________________________________________

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