Enseignement Supérieur : Stop à l’invasion des non résidents

 

 

L’annonce brutale d’un contingentement de l’inscription de « non résidents » dans certaines filières et son adoption en première lecture par le Gouvernement de la Communauté française semblent pour le moins précipitée.

 

En effet, alors qu’il est évident que la situation prévalant dans les filières concernées était devenue inacceptable, les remèdes proposés violent de manière flagrante trois axes de la politique affichée tant par le Gouvernement que l’Union Européenne : d’une part l’accès aux études supérieures à toute personne ayant les qualifications adéquates, d’autre part la politique de l’emploi et enfin la non discrimination envers des ressortissants des pays Membres de l’Union.

 

Au lieu de rechercher une solution purement régionale aux problèmes posés et de les résoudre par rapport aux règles en vigueur chez nos voisins, ce dossier offre l’opportunité unique de tester une approche européenne qui préserve tant l’accès aux études que l’emploi dans les filières où la Wallonie a démontré une compétence de haute valeur ajoutée.

 

La Région pourrait saisir la Commission Européenne de ce dossier en proposant qu’elle étudie la possibilité de co-financer le maintien et le développement de ces « pôles d’excellence » conformément aux objectifs du processus de Lisbonne.

 

Une autre approche serait d’instaurer entre pays Membres un système de remboursement calqué sur celui des soins de santé, prestés dans l’un mais remboursés par celui assurant la couverture sociale.

 

Le succès de l’une ou l’autre approche permettrait d’importantes économies d’échelle ainsi que la concentration des moyens de financement adéquats pour assurer une qualité d’enseignement de haut niveau.

 

Dans l’intervalle, pour donner le temps aux procédures qu’implique une coopération à l’échelle européenne, la Communauté française pourrait, à titre transitoire, ouvrir en priorité (sans concours) l’accès à ces filières aux étudiants belges sur la base de leurs diplômes et réserver le complément de places disponibles aux non résidents préservant ainsi l’emploi et les moyens financiers des institutions concernées.

 

Ainsi, on pourrait transformer un problème réel en opportunité et démontrer au citoyen européen la valeur ajoutée qu’apporte l’Union.

 

 

4/02/06

 

Paul Goldschmidt

 

 

 

 

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