« Débaptisations » !

 

 

Je suis croyant et pratiquant, droits que j’exerce et revendique au nom des principes du Libre Examen auxquels je reste très attaché depuis mes études à l’ULB dans les années 1950. Aussi, suis-je profondément choqué – au nom de ces mêmes principes – que le Conseil d’Action Laïque (CAL) s’octroi la prétention non seulement de délivrer des « Certificats de Débaptisations » mais encore d’utiliser cette pratique pour renforcer sa campagne anticléricale historique en liant cette démarche aux faits de pédophilie (unanimement condamnés) qui ont éclaboussé l’Eglise.

 

Il va de soi que je respecte pleinement la démarche d’un croyant, qui change librement d’opinion, de se convertir à une autre religion ou de se proclamer athée. J’avoue ne pas comprendre en quoi cela nécessité la délivrance d’un « Certificat », notamment par une association qui n’a aucun statut ou part dans le sacrement du Baptême qu’il prétend ainsi « annuler ». En ce qui me concerne, la seule autorité qui aurait éventuellement le pouvoir de « débaptiser » est l’Eglise elle-même, de même qu’elle seule prononce, le cas échéant, « la nullité » (et non l’annulation) du «  mariage religieux » dans des conditions qu’elle seule détermine. Cette reconnaissance de nullité - tout comme le mariage religieux –  relevant purement de la sphère privée, n’a aucune conséquence sur le plan juridique et reste donc totalement indépendant d’une procédure de divorce.

 

Pour souligner non seulement l’arrogance mais aussi l’absurdité de la démarche du CAL, je me demande quelle serait sa réaction si, étant juif de naissance – et n’ayant donc pas choisi de l’être - j’introduisais une demande de « Certificat de  Déjudaïsation » au motif que je suis scandalisé de l’attitude d’Israël concernant Gaza ou la construction de nouvelles colonies.

 

J’en conclu que la motivation du CAL, en donnant tant de publicité à cette démarche, est essentiellement de renforcer à des fins partisanes l’amalgame superficiel et erroné entre les faits de pédophilie et le rôle de l’Eglise Catholique.

 

Bruxelles, le 17 août 2010

 

Paul N. Goldschmidt

Directeur, Commission Européenne (e.r.) ; Membre de l’Institut Thomas More.

 

 

 

 

 

 

 

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-----Message d'origine-----

De : Frédéric Remouchamps [mailto:frederic.remouchamps@skynet.be]

Envoyé : mardi 17 août 2010 15:19

À : Paul Goldschmidt

Objet : Re: Débaptisations !

 

Bonjour,

 

Merci pour votre billet.

Je le trouve très intérressant et très cohérent concernant la débaptisation.

Concernant l'idée d'un certificat de déjudaïsation, je m'intérroge...si je deviens juif par ma mère, ce précepte est-il défini par une institution, ou bien est-ce seulement une coutume?  ..et si je ne désire plus être juif, si je n'adhère plus à la religion judaïque, changer de religion ou m'auto proclamer athée dans la communauté juive est-il suffisant, ou bien une autre démarche est-elle nécessaire? Est-ce seulement possible?

Pouvez-vous m'éclairer à ce sujet?

 

Bien à vous, Frédéric Remouchamps

 

Cher Monsieur,

 

Merci pour votre mail. Votre question est pertinente mais il est difficile d'y répondre avec assurance car les juifs eux-mêmes ne sont pas d'accord sur la définition du juif! Comme le dit très bien le Père Rademakers SJ, "là où il y a deux juifs il y a trois opinions". Pour certains, sont juifs "ceux nées de mère juive", pour d'autres ceux qui pratiquent la religion juive, pour d'autres encore ceux ayant une parenté juive plus ou moins définie (c'était la conception des nazis). La loi Israélienne a aussi sa propre définition utilisée dans le cadre de l'immigration etc.

J'ajouterai encore un élément qui me paraît important: Il est évident qu'il n'existe pas une "race juive" de caractère "biologique". Par contre, il ne fait aucun doute que l'histoire mouvementée de ceux qui se réclamaient de cette origine a contribué à former des caractéristiques de type "culturel" qui se sont transmises au travers des générations mais qui se sont aussi largement différenciées au contact des différentes civilisations avec lesquelles ils étaient en contact.

 

En ce qui me concerne, est juif celui qui se dit juif: dans mon cas personnel, baptisé à la naissance en tant que catholique, je me considère comme à la fois catholique et juif (nés de parents juifs convertis) et j'aurais certainement terminé dans les camps si mes parents n'avaient eu la bonne idée de quitter la Belgique en 1940.Il est certain, par contre, qu'aucun juif orthodoxe ne me considérerait comme juif.

 

J'espère que ces réflexions vous éclaireront sur ce sujet difficile et délicat.

 

Bien à vous,

 

Paul Goldschmidt