Précompte mobilier

 

 

La proposition de relever le précompte mobilier de 15 à 25% est mal présentée par ses promoteurs parce qu’elle vise (en ces temps de crise) uniquement à « trouver des sous » sans aucun souci apparent de justice sociale.

 

Cela permet à nos éminents commentateurs (voir questions à Eric de Keuleneer dans la Libre du 5/10) d’avancer des arguments tels que : « L’idée serait injuste parce que les gens qui épargnent sous forme de valeurs à revenus fixes (emprunts d’Etat – bons de caisse etc.) ne sont pas les plus riches, bien au contraire ! ».

 

Cette attitude pleine de compassion et de condescendance pour le « petit épargnant » fait l’impasse sur les milliards récemment empruntés par l’Etat provenant principalement d’un réinvestissement par les « plus riches » en valeurs « sûres » car ce ne sont certainement pas les « petits épargnants » qui ont trouvé, dans le contexte actuel,  les moyens nécessaires pour réalimenter les caisses de l’Etat.

 

Il est d’ailleurs curieux que l’on parle souvent du « petit épargnant » (ce qui inclut le petit actionnaire de Fortis) mais jamais du « petit travailleur » - ce qui serait politiquement incorrect - alors que l’un comme l’autre ont des besoins de base similaires à satisfaire.

 

Sur le plan de l’équité et de l’égalité devant l’impôt, il serait juste de taxer de manière équivalente les revenus du travail et ceux de l’épargne. Le relèvement du taux du « pré »-compte devient alors une pure modalité de perception destinée à accélérer les rentrées qui devrait donner accès à des remboursements si le montant prélevé dépasse le taux de taxation uniforme des revenus où une taxation complémentaire en cas contraire. En effet,  pourquoi un « rentier » touchant €50,000 de coupons paierait-il moins à la société que le « salarié ».

 

Ces inégalités sont d’autant plus choquantes que quelque 70% du « capital »  mobilier détenu par les citoyens belges est aux mains des « seniors », c'est-à-dire de rentiers, et que ce sont eux que le système actuel privilégie.

 

Rien n’empêcherait le code des impôts de prévoir des incitations fiscales pour favoriser certains comportements – y compris l’investissement – utiles à la société.

 

Bruxelles, le 5 octobre 2009

 

Paul N. Goldschmidt

Directeur, Commission Européenne (e.r.) ; Membre du Comité Consultatif de l’Institut Thomas More.

 

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