FLASH: CONSEIL ECOFIN

 

Encore une Occasion manquée!

 

Le communiqué par lequel l’ECOFIN a annoncé – quasi triomphalement – un accord sur le « montant » du futur « Mécanisme de Stabilisation Européen » sera accueilli avec une grande déception par les marchés.

 

En effet, le seul « nouvel » élément est la confirmation qu’il n’y aura aucune augmentation du montant combiné de €440 milliards du FESF et €60 milliards émargeant au Budget Communautaire mais, qu’à partir de 2013, ce sera le montant total au lieu d’une fraction qui sera effectivement disponible.

 

Il y a lieu de rappeler qu’à l’automne dernier, une fois que la mobilisation de FESF a été activée dans le cadre du sauvetage de l’Irlande, on a rapidement tiré la conclusion que la taille existante du Fonds serait inadéquate pour pallier à  plus qu’une défaillance supplémentaire (Portugal). C’est la raison pour laquelle le Conseil Européen a mandaté son Président de formuler une solution « permanente ». Ce n’est que quelques semaines plus tard, lorsque le FESF était sur le point de conclure son « début » réussi sur les marchés, que sont apparues publiquement les contraintes qui limitaient la capacité effective du Fonds à €250 milliards (montant attribuables aux émetteurs AAA  participant au syndicat de garantie de l’UEM).

 

Dans ces circonstances, il est difficile de réconcilier le communiqué de l’ECOFIN avec le mandat du Conseil et de considérer, comme mentionné par certains Ministres, que ce montant est miraculeusement jugé adéquat.

 

Si la question du « montant » est dorénavant considérée comme définitivement résolue, les modalités, concernant la mise à disposition des fonds supplémentaires sur lesquelles un accord doit intervenir fin mars, n’auront qu’une importance très secondaire, tant il sera apparent que le Mécanisme sera dramatiquement sous-capitalisé. Ce sera d’autant plus vrai, que sa mission pourrait inclure la stabilisation du marché secondaire de la dette souveraine en substitution à la BCE.

 

Il ne faudra donc pas s’étonner si les marchés réagissent négativement. La conséquence sera que, lorsque – enfin – les mesures appropriées seront « imposées » aux Autorités (Le Président Sarkosy et la Chancelière Merkel s’étant engagé à faire tout ce qu’il faut pour sauver l’Euro), le coût en sera très supérieur à ce qu’il eut été si les bonnes solutions avaient été adoptées dés le départ. Quant il s’agit de s’accorder sur des sujets aussi complexes et émotionnels, une préparation en profondeur est requise, à l’abri de toute déclaration politique intempestive.

 

Bruxelles le 15 février 2011

 

Paul N. Goldschmidt

Directeur, Commission Européenne (e.r.) ; Membre de l’Institut Thomas More.

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